Le ruisseau est fragile ,on peut aider la nature mais il ne faut pas jouer à l'apprenti sorcier.

Les nettoyages exagérés ont pour conséquences de supprimer les caches, de diminuer l'ombre (réchauffement) et de canaliser.

L'ENTRETIEN: 

Les câches:
(La Pêche et les Poissons)

Si les embâcles deviennent gênants, Ils ne doivent être que partiellement éliminés, un nombre suffisant à l’habitat des poissons devant être épargné.
 Si le rôle de la ripisylve est aujourd’hui reconnu  et le plus souvent intégré par les responsables de l’entretien, l’importance des débris végétaux se trouvant dans le cours d’eau est encore trop souvent oubliée.

Tout amoncellement de débris qui tend à obstruer un cours d’eau, ce qu’on appelle un embâcle, joue en effet un rôle particulièrement vital pour la faune et la flore présentes dans la rivière, il représente tout d’abord un abri de premier choix pour toutes les espèces de poissons. Dans les ri­vières de première catégorie par exemple, la densité de truites est étroitement liée à l’abondance des caches. Dans les rivières de montagne, la granulation grossière (majorité de gros graviers) ainsi que les nombreux blocs rocheux offrent des abris en quantité. Mais dans les cours d’eau de piémont ou de moyenne montagne, les débris ligneux (branches, arbres tombés) contribuent de façon importante au nombre total d’abris. Par ailleurs des embâcles créent des zones profondes, véritables “mini-pools” qui augmentent de beaucoup l’habitat disponible pour les poissons, en particulier pour les sujets adultes, dans les milieux peu profonds. Éliminer systématiquement tous ces embâcles peut revenir à diminuer de façon importante la capacité d’accueil du cours d’eau, notamment pour les plus gros spécimens.

Mais fournir des caches aux poissons n'est pas le seul rôle de la matière fournie par les arbres dans le fonctionnement du cours d’eau. Ils jouent également un rôle très important dans la chaîne alimentaire en servant de nourriture aux invertébrés. Des études ont ainsi observé jusqu’à cinquante fois plus d’insectes sur des dépôts de bois mort que dans des zones ensablées.

Création d’habitat, augmentation de la capacité d’accueil, apport important dans la chaîne alimentaire, les débris ligneux jouent un rôle capital dans le fonctionnement de nos cours d’eau. Ils ne sont en aucune façon le reflet d’un dérèglement de l’écosystème, leur présence étant au contraire tout à fait naturelle. Il convient donc de mieux les intégrer dans les opérations d’aménagement et d’entretien des cours d’eau. Et même si il est illusoire de demander de les laisser tous, ne pas les considérer systématiquement néfastes et en laisser quelques-uns serait déjà un grand pas.

Des études menées dans les Pyrénées ont démontré que la quantité de truites est proportionnelle à l’abondance des abris représentés par la sous-berge, les sous-blocs, les débris végétaux, etc. Leur importance est telle qu’une faible variation de la quantité de caches d’un tronçon de rivière a des conséquences sur l’abondance des truites. Ainsi, si la surface du secteur occupée par des caches passe de 1 % à 2%, plus du double de truites peuvent vivre. Au-delà de 3 % l’incidence du nombre d’abris diminue pour devenir nulle au delà de 5 %. Ainsi, plus la rivière est large, plus les dépôts de bois mort doivent être préservés.

(Truite Magazine):

 Dans un étang ou une grande rivière, la matière vivante est directement issue de l’énergie solaire par l’inter­médiaire du plancton (des algues microscopiques) qui grâce à la
pho­tosynthèse transforme à l’aide de la lumière des éléments minéraux en matière vivante. Cette matière vivante de type végétale est ensuite consommée par d’autres organismes aquatiques qui terminent la plus part dans l’estomac des poissons Dans les rivières à truites, ça ne fonctionne pas comme ça. La matière vivante qui entre dans la chaîne alimentaire est très peu issue de la production d’algues. La vitesse du courant, les turbulences, ne permettent pas le développement de ce type d’organismes, à l’exception de ceux qui se fixent sur les galets et les enduisent d’une matière brune, visqueuse et glis­sante, donc peu d’algues pour ali­menter les autres organismes vivants. Qu’à cela ne tienne, les champignons, bactéries et autres invertébrés aquatiques ont appris à se débrouiller, puisque notre rivière produit peu de matière végétale, nourrissons nous de celle qui vient du milieux terrestre et qui tombe dans l’eau. A l’automne, comme l’écrivait Prévert, « les feuilles mortes se ramassent à la pelle » et c’est de cette aubaine dont vont profiter les invertébrés aquatiques. Chacun s’est spécialisé dans une discipline, il y a les fragmenteurs, les racleurs, les brouteurs qui découpent, broient, filtrent tous les matériaux terrestres tombés dans la rivière (feuilles, bois, herbes...). Et toutes ces larves d’insectes finissent dans l’estomac des truites qui se nourrissent très abondamment de ce que l’on appelle la dérive des invertébrés aquatiques. Voilà donc comment une feuille d’aulne, de saule ou de frêne va se transformer en truite.

L'ensoleillement:
(Truite Magazine):

L’éclairement, loin de “booster” la productivité va participer au réchauffement des eaux. Voila bien le premier danger de l’entretien de la végétation. Lorsque l’on connaît la fragilité de bon nombre de rivières à truites vis-à-vis de ce facteur température, on sait qu’un tout petit degré en moyenne de plus en été peut diviser par trois les quantités de truites, et l’on com­prend mieux l’effet néfaste de la pénétration lumineuse. Dans une rivière à truites ombragée, l’eau mettra 7 à 8 km pour se réchauffer d’un degré, dans une zone partiel­lement déboisée (après travaux d’entretien), il lui faut 3 km et dans un secteur totalement déboisé, seulement 1 km! Ainsi dans des tronçons de rivière déjà fragilisés, les opérations d’entretien de la végétation des berges auront pour simple effet de diminuer encore la zone à truites de quelques kilomètres, favorisant les chevaines et les goujons. C’est un choix halieutique comme un autre, mais est-il fait en connaissance de cause. Une rivière peu boisée peut passer de 15° à 18° en 3km et voire ses quantités de truites divisées par trois.

  (La pêche et les Poissons):

Un bon entretien doit s’attacher à éliminer les arbres à risques (on laissant leur souche bien sûr), ceux qui risquent de tomber dans la rivière on emportant la berge. Réduire la ripisylve pour favoriser la quantité de lumière va bien sûr augmenter la production primaire en privilégiant la photosynthèse. Mais gare au réchauffement de l’eau qui peut atteindre jusqu'à 5 degrés en été!
Il y a aujourd’hui on France plus de cours d’eau qui souffrent de températures estivales trop élevées que de cours d’eau trop pauvres.

La temperature de l'eau:

La truite et son milieu

La quantité de truites fario et leur bonne santé dépend uniquement de la qualité du milieu où elle vit. Le bon état du milieu est régi par de nombreux paramètres. Le débit de l’eau et l’élément qui prévaut sur tous les autres. On comprend aisément qu’un fort débit toute l’année résout les problèmes de température, d’oxygénation, de pollutions diffuses, de nourriture …

Malheureusement nous sommes entrés dans une longue période de sècheresse qui n’est pas forcement irréversible mais qui nécessite de prendre certaines précautions en attendant des jours meilleurs.

Depuis 1980, les températures moyennes ont augmenté de 0,5 à 1 degré dans tous les cours d’eau. Le réchauffement climatique n’est tou­tefois pas seul a être mis en cause: Les rejets d’eau des industries, des stations d’épuration ou des cen­trales nucléaires, de même que les prises d’eau en période d’étiage, contribuent également au ré­chauffement des rivières.

Influence la température de l'eau

Oxygénation :

(Dioxygène = oxygène dissout est une condition nécessaire à la vie des différentes espèces)

Les poissons n’ont pas les mêmes besoins en dioxygène. Comme la quantité de dioxygène dissous dans l’eau varie suivant les endroits de la rivière, ceci explique la répartition des poissons. La quantité de dioxygène varie entre l’amont et l’aval d’une rivière. Si on place une truite dans une eau pauvre en dioxygène, elle meurt. De même, si on place une brème dans une eau riche en dioxygène, elle meurt également.

De nombreux paramètres (la température, l’agitation de l’eau, la profondeur, l’ensoleillement…) peuvent modifier la quantité de dioxygène.

L'élévation de la température de l'eau rend le poisson plus actif et entraîne une augmentation de sa consommation d'aliments et ainsi de dioxygène.

Les températures basses favorisent la dissolution des gaz et à l’inverse les températures élevées la limitent. La teneur théorique maximale d’oxygène dissous dans l’eau est de : 11,25 mg/L à 10°C; 8,25 mg/L à 25°C. Il existe donc naturellement des variations annuelles et journalières importantes de ce paramètre.

La fonction biologique est perturbée dès que la concentration passe en dessous de 5 mg/L et des mortalités piscicoles sont à redouter en dessous de 3 mg/l. De plus, le processus de dégradation des matières organiques et de l’ammoniaque par auto-épuration naturelle nécessite une teneur suffisante en oxygène dissous. Les chutes rapides en oxygène nécessitent une adaptation immédiate et provoquent un stress violent. Des variations  importantes d’oxygène dans l’eau, peuvent provoquer des mortalités de poissons.

Maladies:

Un réchauffement prolonge la saison d’activité de l’agent pathogène qui ne se propage que lorsque la température de l’eau dépasse les 9 °C et n’entraîne l’apparition de la maladie qu’à des températures supérieures à 15 degrés.

La mortalité augmente aux différents stades de développement car les poissons stressés deviennent plus réceptifs aux maladies. L’une d’entre elles, la maladie rénale proliférative (MRP), apparue au début des années 80, progresse de façon inquiétante dans les cours d’eau. Chez la truite, les symptômes de la MRP n’apparaissent qu’en été, à une température supérieure à 15 ° C. En plus, la pollution des eaux favo­riserait le développement de la ma­ladie et les repeuplements accélé­reraient sa transmission, car les truites d’élevage sont souvent por­teuses de la maladie et moins bien armées que les poissons sauvages pour se défendre. Un argument de plus, s’il en manquait  encore, pour offrir aux poissons les moyens de se reproduire naturellement.

L’ammoniac est la forme la plus nocive de tous les composés azotés pour la faune aquatique. Tout comme pour le CO2, les poissons éliminent l’ammoniac par la voie de la diffusion passive à travers leurs branchies. Si la concentration dans l’eau est trop élevée, les organismes ne peuvent plus l’excréter pour réguler leurs fonctions vitales (Person-Le Ruyet et Boeuf, 1998). Les effets varient en fonction de la durée d’exposition et de la concentration, mais il est possible de généraliser en affirmant que des concentrations aussi faibles que 0,06 ppm suffisent à endommager les branchies des poissons (McKee and Wolf, 1963). Les espèces les plus sensibles meurent dès 0,2 ppm


Dans la rivière les débris végétaux servent pour la nourriture des alevins mais leur fermentation produit de l’ammoniac et une élévation de température peut multiplier par 3 le pourcentage de l'ammoniac (NH3 + NH4+) qui se trouve sous la forme toxique (NH3).
Avec un PH de 6,5 à 10° si le taux d’ammoniac est de 0,06% il passe à 0,13% à 20°. 
Une concentration d’ammoniac non ionisé d’à peine 0,13 mg/l a manifesté une toxicité aiguë pour la truite arc-en-ciel dans une eau de PH = 6,7.

Facteur de multiplication (%) pour le calcul en teneur d’ammoniac non ionisé :

 

La bonne température :

Une élévation de la température peut être bénéfique pour les torrents de haute montagne en accélérant l’éclosion des larves et en allongeant la période de nourriture. La truite est un animal à sang froid et sa température interne, est liée à la température  de l’eau. La température idéale se situe à 12°C environ ; plus on s'éloignera de la fourchette 11-13°C plus son activité se réduira.

Pour les œufs les températures extrêmes sont 1°C et 15,5°C. Les meilleures conditions étant entre 4°C et 10°C.

Pour la croissance maximale entre 12°C et 14°C.

La température létale de la truite fario est de 25°C maximum.


La reproduction :

Une truite pond environ 2 000 oeufs par kilogramme de poids. La durée de leur incubation varie selon la température de l’eau: elle doit être en moyenne de 400° / jour, ce qui signifie que l’incubation durera 40 jours dans une eau à 10°C et 50 jours dans une eau à 8°C. L’éclosion donne naissance à des alevins qui puisent leur nourriture tout d’abord dans une poche, la vésicule vitelline. Elle se résorbera en un mois et à cet instant ils seront en mesure de s’alimenter eux-mêmes.

 
Ensoleillement et opérations d’entretien :

Dans les régions de moyenne montagne l’ensoleillement réchauffe trop rapidement les rivières. L’éclairement, loin de “booster” la productivité va participer au réchauffement des eaux. Voila bien le premier danger de l’entretien de la végétation. Lorsque l’on connaît la fragilité de bon nombre de rivières à truites vis-à-vis de ce facteur température, on sait qu’un tout petit degré en moyenne de plus en été peut diviser par trois les quantités de truites, et l’on com­prend mieux l’effet néfaste de la pénétration lumineuse. Dans une rivière à truites ombragée, l’eau mettra 7 à 8 km pour se réchauffer d’un degré, dans une zone partiel­lement déboisée (après travaux d’entretien), il lui faut 3 km et dans un secteur totalement déboisé, seulement 1 km! Ainsi dans des tronçons de rivière déjà fragilisés, les opérations d’entretien de la végétation des berges auront pour simple effet de diminuer encore la zone à truites de quelques kilomètres, favorisant les chevaines et les goujons. Une rivière peu boisée peut passer de 15° à 18° en 3km et voire ses quantités de truites divisées par trois.

Plus la bande riveraine sera importante plus le ruisseau sera protégé du soleil des nitrates, azote, pesticides …
Réchauffement par les étangs :

Les relevés de température effectués à l'amont et à l'aval d'un étang, en été, montrent des différences de 10 à 12°

Le réchauffement de l’eau produit une évaporation importante.

La perte d'eau par le sol et l’évaporation peut être de l'ordre de 5 à 9 litres par seconde et par hectare.


QUE DIT LA LOI?

L’arrêté du 27 août 1999 fixe des valeurs seuils pour la qualité des eaux de rejet, dans le cas de la création d’un étang. Le réchauffement des eaux de ruisseaux, en aval du rejet, ne doit pas excéder O, 50C, du l5 juin au 15 octobre. La concentration en matières en suspension doit être inférieure à 2,5 mg/I d’eau. L’ammonium, quant à lui, doit rester en dessous de O,1 mg/I d’eau.
L’eutrophisation :

L’eutrophisation ne se fait pas trop ressentir dans les ruisseaux. Seuls quelques diatomées indésirables perturbent la reproduction et engluent les galets. Par-contre les étangs déclenchent une eutrophisation par accumulation du phosphore combiné avec le réchauffement de l’eau. Les cyanobactéries (algues bleues, vertes…) se développent. Lorsque les conditions leurs deviennent favorables (température élevée, nutriments abondants, O² rare, etc.), les cyanobactéries synthétisent des cyanotoxines qui se libèrent dans le milieu suite à leur mort. Ces cyanotoxines sont particulièrement dommageables, voire même létales, auprès des poissons et des organismes vertébrés.


le Ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs (MDDEP) soutient que la concentration de phosphore ne doit pas excéder 0,02 à 0,03 ppm dans l’eau pour éviter l’eutrophisation accélérée. Les principales sources anthropiques dans l’environnement sont les rejets des égouts, les fosses septiques, les usines de filtration et l’agriculture. D’importants progrès ont été réalisés depuis les dernières années pour réduire les sources ponctuelles de phosphore dans les cours d’eau, si bien qu’aujourd’hui la principale source est l’agriculture. Ceci s’explique par le fait que les cultures intensives puisent d’importantes quantités de phosphore dans le sol, si bien qu’il est nécessaire de l’amender pour assurer des rendements optimaux année après année. Malgré les bonnes pratiques culturales, les sols agricoles ne retiennent pas tous et toujours l’entièreté du phosphore qui est appliqué, ce qui se traduit par des exportations vers les cours d’eau.

 

Le peuplement:

Il doit être varié et représenter tous les ages pour assurer la relève. On ne peut pas avoir que des grosses et en grand nombre. Il faut bien se rendre compte que passer la taille réglementaire de 20 à 23 cm ça veut dire passer d'une truite de maille tous les 47 m2 à une truite tous les 70 m2.

C'est à dire pour un ruisseau de 3m de large de une truite de maille tous les 15m à une tous les 23 m au maximum.

LES DEBITS DES 30 DERNIERES ANNEES EN LIMOUSIN:

On constate la sècheresse de 1989, 90, 91 et 92 qui avait déja était amorcé en 85, 86, 87.

Les ruisseaux ont du mal à s'en remettre mais depuis l'an dernier on commence à voir un retour à la normale.

LES RUISSEAUX PEPINIERES:

L’existence, dans beaucoup de ruisseaux, de populations de truites très denses, mais à croissance individuelle lente, a été de longue date remarquée par les biologistes comme par les pêcheurs. La plupart pensaient que ces têtes de cours d’eau  contribuaient, par l’émigration des truites en surnombre, au repeuplement des parcours moins peuplés situés en aval. Certains biologistes toutefois, comme MILLER (1953), montrèrent que cette contribution était négligeable et que tout se passait comme si les populations étaient tout à fait indépendantes de celles de l’aval.

Il faut savoir que:

 Le poids de poisson par unité de surface est une valeur sensiblement stable (environ de 1,7 à 6 g/rn2).

 

(Truite Magazine):

La truite établit, grâce à des repères visuels, toutes les limites de son domaine vital. Des expériences récentes conduites dans les Pyrénées, ont montré qu’il était illusoire de déplacer des truites sauvages d’un secteur à un autre. En effet, un an après on retrouve moins de 5% des truites déplacées bien qu’elles aient été déversées dans un secteur de très bonne qualité dans lequel on avait au préalable enlevé la majorité des truites présentes. Ceci avait pour objectif de démontrer que de déplacer des truites d’un ruisseau pépinière vers une rivière ou de déplacer des truites d’une réserve vers un secteur pêché était bien peu efficace car ces manipulations ne respectaient pas la notion de territoire et de domaine vital des farios. Laissons plutôt la nature faire elle-même!

 

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