Les repeuplements sont souvent inutiles si la rivière n’est pas aménagée (amendements calcaires, déflecteurs, reboisements, conservation des débits etc...).
Pour un maximum d'efficacité:

     -Etablissement d’un programme d’aménagement, diagnose écologique, classement.

     -Connaissance de la situation écologique du cours d’eau.

     -Programme d’aménagement en fonction de cette situation.

     -Suivi et appréciation objective des résultats. 

                 

REPRODUCTION NATURELLE:(Cuinat et Vibert: 1963)

Le taux de fécondation est aussi élevé en rivière qu’en pisciculture (80 à 90%) Quelles que soient les conditions on aboutit au chiffre d’un oeuf au mètre carré.

Dans de bonnes conditions il y a 20% de mortalité sur les frayères ce qui donne 0,8 poissons au m2 Avec 30% de survie naturelle(compétition territoriale, alimentaire et capacité d’accueil ou biotique) on obtient à 3 ans 216 truites pêchables par Ha ce qui est suffisant.

COMPETITION TERRITORIALE:

            La limitation de la densité d’alevins ou de truites par compétition est fonction de l’habitat et non du nombre d'alevins. Une expérience réalisée par Le cren en 1961 l'a mis en évidence. Dans 5 sections grillagées identiques d'un même ruisseau sont immergés des alevins à résorption de vésicule en nombre différent:

                            section 1-     3,5 alevins au m2

                            section 2-     12,5 alevins au m2

                           section 3-      22 alevins au m2

                            section 4-      80 alevins au m2

                            section 5-     280 alevins au m2

En septembre 8 alevins au m2 sur tous les secteurs sauf le 1où la charge biotique est maximale à cet age. 

A noter que sur un cours d'eau suffisamment peuplé en alevins, le nombre de truite capturable au bout de 2,5 ans ne sera pas augmenté et que le repeuplement aura été fait en pure perte.

les gestion des cours d’eau sont très diverses et variables selon l’environnement, notamment la physico-chimie de l’eau, la nature du lit de la rivière, la pression de pêche, etc. Nous n’en donnerons que quelques exemple..

 

Dans plusieurs rivières à truites de Seine-Maritime, une série de diagnoses écologiques effectuées on 1961 et 1962 a montré que les Interventions les plus urgentes Consistaient non pas à repeupler mais à limiter l’accumulation de vase (CUINAT, 1965).

Une autre série de diagnoses, en Corrèze, a mis on évidence, dans des rivières où la pêche donnait des résultats médiocres, une très forte densité de truites assortie d’une croissance individuelle particulièrement lente; tout repeuplement d’entretien y serait plus nuisible qu’utile; alors qu’il serait intéressant d’entreprendre, en liaison avec les agriculteurs, des amendements calcaires sur les prairies des bassins versants (CUINAT, 1960. données non publiées). 

Aux Etats-Unis, l’implantation de déflecteurs ou de couverts dans le lit de certains cours d’eau a sensiblement accru les captures, augmentation de 46 % dans un cas (SHETTER 1946), de 196 % dans un autre (HUNT, 1969). 

Sur d’autres cours d’eau, les interventions les plus efficaces consisteront à restaurer les bassins versants pour conserver un débit suffisant on été et limiter les crues, à reboiser les rives, à s’opposer aux pompages abusifs, aux éclusées trop violentes des usines hydroélectriques et, bien entendu, aux déversements polluants. 

Ainsi, l’action à entreprendre est conditionnée par le ou le. goulets d’étranglement de la production, que l’enquête préalable ou la diagnose écologique auront mis on évidence. Et dans l’éventail des actions possibles, les repeuplements ne constituent qu’une thérapeutique parmi bien d’autres VIBERT et LAGLER (1961) les comparaient à une transfusion de sang opérée sur le «  super-organisme pêcherie » anémié par des pertes accidentelles.

REPEUPLEMENTS:

Pour les cours d’eau entièrement dépeuplés en truites, pour une raison accidentelle (extrême surexploitation, empoisonnement non chronique, absence de frayères naturelles), sans altération permanente de l’habitat vis-à-vis de l’alevin et des truites plus âgées; les taux de survie pourront être supérieurs pourvu que les oeufs ou alevins soient déversés sous une densité normale. variable selon la capacité biotique (pas plus de 10/m2 en ruisseau, ou 5/m2 en rivière moyenne) 20 % dans la première année, 40 % ensuite : 1000 oeufs ou alevins procureront alors 32 truites capturables.

En 1956 et 1958, VIBERT montra que les jeunes alevins résistaient mieux au courant d’eau ou à des élévations de température lorsqu’ils provenaient d’oeufs incubés sous graviers que lorsqu’ils étaient issue d’oeufs, puis de larves, élevée sur clayettes classiques de pisciculture. En 1953 (traduction 1963), DISLER avait fait les mêmes observations, on mettant notamment en évidence l’importance de la position de l’alevin dans les interstices, la tête on haut, au lieu d’être couché comme il l’est sur les clayettes. BAMS (1970) a par ailleurs montré que, du fait de l’activité musculaire trop élevée sur ces clayettes, l’alevin à la résorption de la vésicule était plus petit et possédait moins de réserves nutritives que s’il s’était développé dans les graviers. Il est possible aussi que la présence de micro-organismes dans l’eau interstitielle favorise le développement du tube digestif  de l’alevin.

Remarques : 

  Les truites capturables auront un comportement, une robe et une chaire absolument comparables à celles issues de la reproduction naturelle. Celles qui ne seront pas capturées seront capables de se reproduire dans le cours d’eau. Les nombreux cas d’acclimatation de la truite réussie avec des œufs, alors que celle-ci avait échoué avec des alevins ou truitelles de pisciculture, illustrent ce fait.

 

Le repeuplement est-il utile? Je crois que c'est le "milieu" qui décide et non le pêcheur. Voici un exemple qui permet de réfléchir:

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