CARACTERISTIQUES :

 La taille et le poids de la truite sont tributaires de la qualité des eaux et de la richesse en  nourriture. La truite ne dépasse guère 30 cm de long dans les ruisseaux de montagne sa taille moyenne est de 20 à 23cm. Son poids est d’environ le cube de sa longueur : exemple une truite de 23cm pèse (23x23x23) / 100 = environ120 gLa truite commune vit dans les eaux froides, d’une température maximale de +15 0C (+18 0C étant éliminatoires), bien aérées, des rivières et des lacs, avec une oxygénation de 7 à 8 cm3 au litre.

REPRODUCTION :

La période de reproduction, nommée le frai, a lieu chez la truite de novembre à décembre. Généralement, cette période est précédée de la remontée des truites adultes vers les frayères de graviers situées un amont des rivières, où les eaux sont plus pures, plus calmes et bien oxygénées. Elles n’hésitent pas, pour cela, à parcourir une dizaine de kilomètres voir beaucoup plus. Une fois parvenue sur les frayères, la truite femelle creuse avec sa caudale et ses flancs un sillon dans le gravier et y dépose ses oeufs, que le mâle, féconde immédiatement en expulsant sa laitance. 

Une truite pond environ 2 000 oeufs par kilogramme de poids. La durée de leur incubation varie selon la température de l’eau: elle doit être en moyenne de 400° / jour, ce qui signifie que l’incubation durera 40 jours dans une eau à 10°C et 50 jours dans une eau à 8°C. L’éclosion donne naissance à des alevins qui puisent leur nourriture tout d’abord dans une poche, la vésicule vitelline. Elle se résorbera en un mois et à cet instant ils seront en mesure de s’alimenter eux-mêmes.

 

COMPORTEMENT : ( Denis Bellier)

En général, il existe chez une popu­lation de truites, une hiérarchie avec des individus dominants et des indi­vidus dominés. Les truites dominantes sont celles de plus grandes tailles et ces poissons ont ten­dance à attaquer préfé­rentiellement les plus petits.

Des études amé­ricaines ont dénombré 8 attaques/10 / min d’alevins de grande taille vers des individus plus petits alors que dans le même temps les attaques vis-à-vis de poissons de même taille n’était que de 2/10 / min. De même, chaque pêcheur sait bien que les alevins de truites se tiennent souvent dans des postes peu profonds. Et bien, des travaux dans les Pyrénées ont montré qu’en fait si vous n’avez que des alevins dans une rivière, ils occu­pent les zones profondes plutôt que les radiers. Ce sont en fait les truites adultes qui obligent les plus petites à se cantonner dans des postes marginaux (à méditer pour les fer­vents du no-kiIl et autre mise en réserve des têtes de bassin, dans le but illusoire de mieux produire des truitelles). Dans une population, beaucoup de travaux ont noté que les truites qui dévalaient étaient des individus dominés qui ne pouvaient établir leur territoire. Les relations d’agressivité comme d’ailleurs la prise des proies se font quasi exclusivement grâce à la vue. Des études en bassin contrôlé ont montré que lorsque l’on dispose des petits blocs pour isoler visuelle­ment les truites les unes des autres, le nombre d’attaques diminue très nettement…     

Maladie à l'ordre du jour: (revue Salamandre)

Quand la température des rivières augmente, les truites sont les premières à en souffrir.

 Il  ne se passe pas un jour sans qu’on ne parle des effets désastreux du réchauffement climatique sur les glaciers et les espèces. Mais qu’en est-il dans la rivière? Une étude de la Confédération a démontré que, depuis 1980, les températures moyennes ont augmenté de 0,5 à i degré dans tous les cours d’eau. Le réchauffement climatique n’est tou­tefois pas seul a être mis en cause:

les rejets d’eau des industries, des stations d’épuration ou des cen­trales nucléaires, de même que les prises d’eau en période d’étiage, contribuent également au ré­chauffement des rivières.

 Reins malades:

Pour les truites, qui aiment les eaux fraîches, les ennuis commencent lorsque la température dépasse 160C. Leur mortalité augmente aux différents stades de développement car les poissons stressés deviennent plus réceptifs aux maladies. L’une d’entre elles, la maladie rénale proliférative (MRP), apparue au début des années 80, progresse de façon inquiétante dans les cours d’eau suisses et européens.

Les chercheurs ont cette infection parasitaire est liée à une aug­mentation de la température de l’eau. Chez la truite, les symptômes de la MRP n’apparaissent qu’en été, à une température supérieure à 15 ° C.

En plus, la pollution des eaux favo­riserait le développement de la ma­ladie et les repeuplements accélé­reraient sa transmission, car les truites d’élevage sont souvent por­teuses de la maladie et moins bien armées que les poissons sauvages pour se défendre. Un argument de plus, s’il en manquait encore, pour offrir aux poissons les moyens de se reproduire naturellement.

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